Affichage des articles dont le libellé est relation au travail. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est relation au travail. Afficher tous les articles

dimanche 21 juillet 2019

Entrepreneuriat/salariat, le loup ou le chien ?

Chronique Terrienne n° 175
Il y a quelques mois, lors d'un "coffee business" (entendez "petit-déjeuner réseau") je suis coopté dans un Club d'affaires via ma minute de gloire lors de laquelle je me présente à mes congénères. La présidente me félicitant, me remet un... collier (à badge), signe que je fais partie de la confrérie ! Ce cadeau symbolique me fait penser à la fable "le loup et le chien" de La Fontaine. En effet, me mettre autour du cou un collier d'appartenance, n'est-ce pas contradictoire avec l'image que je porte sur l'entrepreneuriat (stature dont ce Club se revendique) ? Il s'avère que nombre des adhérents sont free-lance et veulent sortir de l'isolement en participant à ces rencontres. Cependant, entreprendre pour moi, c'est creuser son propre sillon, autrement dit sortir de la flottille (au sens maritime) et voguer vers son propre cap. Aujourd'hui, la démocratisation et la généralisation de l'entrepreneuriat, avec les outils nomades accessibles à tous, les nombreuses aides à la création dont les micro-statuts, les pratiques de sourcing des entreprises (tout sauf recruter et augmenter la masse salariale) et la féminisation des métiers (avec l'aspiration au travail à domicile) nous amènent vers une surpopulation de solo, qui se révèle avoir besoin de rompre leur solitude. Situation pesante car exigeante en terme de pro-activité (vs le volet commercial de toute activité à son compte) mais aussi d'une forme de précarité financière.
Si la morale de la fable se résume ainsi : mieux vaut être pauvre, affamé et libre que riche, bien nourri mais esclave ; votre serviteur y voit les enjeux d'une situation douillette (de salarié) vs l'aventure de la liberté (entrepreneuriat). Combien sont en effet prêts à assumer vraiment une certaine frugalité dans leur confort de vie en refusant un collier... (sans être dépendant d’un seul client, ce qui n’est pas facile, mais aussi interdit, ou d'une autre façon, dépendant de son conjoint, ingénieur à gros salaire par ex. ?) JMP


"Le loup et le chien" de Jean de La Fontaine :
https://education.toutcomment.com/article/quelle-est-la-morale-de-la-fable-le-loup-et-le-chien-13039.html


 

dimanche 10 mars 2019

Avec Jean-Michel, pas que du virtuel !

Chronique Terrienne n° 172
Le marché de l'emploi se transforme fortement sous mes yeux et depuis quelques temps déjà l'emploi industriel s'écroule alors que le tertiaire explose (et ne parlons pas du primaire car l'amour n'est plus vraiment dans le pré depuis longtemps...). Le secteur des services explose donc, et hormis les start'up qui ne "start and stop" pas, il se précarise souvent.
Voila 35 ans que j'ai démarré ma carrière et moi qui ai monté ma première boîte (dans le conseil et le service) il y a un quart de siècle, j'ai vu arriver en entrepreneuriat bien des profils. Car nombre de personnes, qu'elles conduisent ou subissent, doivent ainsi, de "simples" salariés, devenir à leur compte "des professionnels recommandables". Non pas qu'elles n'étaient pas au point avant, en tant que "suiveur", mais l'entrepreneuriat c'est être entreprenant et donc leader (même de sa micro-entreprise). Cela est bien souvent différent du contexte du salariat. Notre identité pro. et notre personnalité deviennent clefs, et notre comportement évidemment !

L'enjeu fondamental étant toujours le même avec un prospect (et de manière général dans toutes nos relations), sécuriser et en même temps donner envie. Comment alors envisager, surtout dans les métiers incarnés (conseil et accompagnement particulièrement) d'entreprendre essentiellement, voire uniquement via les réseaux sociaux comme je le vois de plus en plus pour un certain nombre de nouveaux impétrants ? Certes, internet est incontournable (je pratique assidûment depuis 1996), mais ce n'est qu'un outil parmi d'autres. Un "professionnel" est pour moi une personne qualifiée dans son métier et sérieuse (fiable) d'une part, qui va se comporter de manière ouverte et bienveillante d'autre part. A cette double condition, elle sera recommandée durablement. Et sans le présentiel, tout est donc seulement... virtuel ?
Alors après le "paiement sans contact", "l'entrepreneuriat sans contact" ? JMP


Mon post LinkedIn, JMP café 1500ème relation mars 2019 :



lundi 31 décembre 2018

En venir aux mains...

Chronique Terrienne n° 171
Un client, que j’accompagne depuis 18 mois, m'apporte un livre sur la résilience en clin d'œil à nos échanges lors de son outplacement.
Mathieu, développeur informatique dans de grands groupes internationaux durant 10 ans, se voit aujourd'hui en potier-céramiste à son compte à la suite d'une formation conséquente. A 35 ans, il fait partie de ces professionnels qui veulent donner plus de sens à leur quotidien. Il n'est pas le seul dans sa promotion, ils sont presque tous en reconversion et ils en viennent aux mains !
Des ouvrages tels "Éloge du carburateur" de Matthew B. Crawford (déjà cité), mais aussi "La révolte des premiers de la classe" de Jean-Laurent Cassely ont évoqué ce changement de la relation au travail : "Pour faire quoi, concrètement ? La plupart des jeunes révoltés se tournent vers des métiers ultra-concrets. D’après les chiffres de l’Institut Supérieur des Métiers, 30% des reprises de sociétés artisanales le seraient par d’anciens diplômés du supérieur, et jusqu’à 60% pour les créations parmi les nouveaux artisans."
Retour aux sources ? Certainement. Le manuel, le "je mets la main à la pâte" n’a jamais été aussi valorisé dans notre mutation sociétale actuelle. Mais laisser tomber son "bullshit job", abstrait et superficiel, pour passer un C.A.P. cuisine après un Bac+5 n'est parfois pas seulement l'envie du milieu de vie, mais une aspiration plus profonde liée à son Essentiel.
Au fait, le livre que Mathieu m'a permis de lire s'appelle "Kintsugi, l'art de la résilience" de Céline Santini (First Editions). J'y ai trouvé la phrase d'Hemingway : "Le monde brise les individus. Par la suite, certains sont plus forts à l'endroit de la fracture". JMP


mercredi 30 octobre 2013

100 % P.U.R. ?

Chronique Terrienne n° 121
Connaissez-vous les trois professions qui s’estiment les plus "heureuses" (selon une récente enquête Viavoice pour RTL et Le Nouvel Observateur) ? Ce sont les paysans, les cadres de la fonction publique et les enseignants ! Alors que les agriculteurs battent des records en termes de suicide, ils arrivent pourtant en tête de ce sondage dans lequel 73% des Français s’estiment heureux dans leur métier, d’après les résultats généraux.
On trouve, après ce trio, les artisans ou commerçants et les professions libérales médicales, heureux à 84%. Même les policiers, gendarmes et douaniers se sentent satisfaits de leur situation à 76%. Dans le bas du classement, on retrouve les agents d’entretien (56%) et les ouvriers dans l’industrie (62%), qui ne peuvent pas forcément toujours être dans la passion, mais cumulent surtout pénibilité et non reconnaissance.
L'analyse de Viavoice est la suivante : "Même si, bien sûr, le niveau de rémunération joue sur la satisfaction, le bonheur au travail repose sur trois éléments clés : la passion pour son métier, le sentiment d’être utile à la société et le sentiment de reconnaissance, notamment par sa hiérarchie." Alors êtes-vous 100% P.U.R. au boulot ? Passionné, Utile et Reconnu : ce sont les trois dimensions que je m'évertue de transmettre depuis des années, notamment dans mes formations auprès de managers. Sans envie et motivation, sens et cohérence, respect et solidarité... point de salut ! "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie." avait déjà dit, paraît-il, Confucius. Le secret du bonheur ne consiste pas forcément à faire ce que l’on aime, mais certainement à aimer ce que l’on fait. JMP

samedi 27 octobre 2007

L’affectif !

Selon l'Observatoire international des salariés (TNS-Sofres), quand les Anglo-Saxons ont une vision très utilitariste du travail (un gagne-pain pour 76 % des Américains, pour 51 % des Européens), les Français noueraient une relation au travail plus affective. Pour 56 % d’entre nous, le travail est d'abord une source de contacts humains (c’est le cas pour 33 % des Américains, pour 45 % des Européens).
L’affectif est souvent affecté par la relation humaine. Loin d’être une tare, à condition de savoir gérer ses émotions en situation, c’est une aptitude qui peut révéler une vraie opportunité en situation professionnelle, car l’enthousiasme n’est pas loin. A nous, managers, de réveiller le missionnaire qui sommeille en chacun de nos collaborateurs ! A nous d’en faire des ambassadeurs de notre marque, des préconisateurs de nos produits… Un patron au style de management "coopéraffectif" va pouvoir toucher le cœur sous l’armure, trouver le passionné sous le masque. Ce cœur qui permet l’ardeur et l’engagement, ces tripes qui permettent le sens de l’urgence et l’opiniâtreté, cette émotion enfin qui permet l’intuition (si utile).
Si la CFE-CGC alerte sur le fait que, selon elle, "travailler plus n'améliore pas le niveau de vie des cadres ", les attentes des salariés français, et notamment des cadres, porteraient désormais plutôt plus sur l'ambiance de travail, la reconnaissance et la convivialité. "Pour les entreprises, l'enjeu est majeur, considérait récemment Philippe Korda au Nouvel Economiste. Voilà des années qu'elles évoquent la nécessité de comprendre les attentes du client, de le fidéliser, en tissant un lien affectif fort. Aujourd'hui, il est urgent d'adopter la même démarche avec les salariés (...)." Dont acte.


« Les français travaillent à l’affectif » In l’Usine Nouvelle du 13 09 07
« Oser investir dans le bonheur des salariés » in Le Monde du 15 09 07